MALADIES PROFESSIONNELLES DUES A L'AMIANTE DECLAREES DEPUIS LA MISE EN PLACE DE LA SURVEILLANCE MEDICALE POST PROFESSIONNELLE CHEZ LES RETRAITES DU TRANSPORT FERROVIAIRE.
Habert Claire(1), Alletz Aude(1), Escolano Pierre(2)
(1) Service Médical SNCF, 88, Rue Saint Lazare - 75436 Paris Cedex 09
(2) Caisses de Prévoyance et de Retraite de la SNCF - 17, Avenue du Général
Leclerc -13347 Marseille Cedex 20
Dans le cadre de la mise en place de la Surveillance Médicale Post Professionnelle
Amiante, les Caisses de Prévoyance et de Retraite du transport ferroviaire
ont informé en Mars 1997 l'ensemble des 204 000 anciens agents de la possibilité
d'en bénéficier. A la fin de l'année 1998, après enquêtes pour identifier
les expositions passées, les Caisses ont donné 12 274 accords de prise en
charge; environ 4 500 retraités ont consulté dans le cadre de la Surveillance
Post Professionnelle Amiante: sur l'ensemble des examens réalisés, 193 retraités
ont effectué une déclaration de maladie professionnelle au titre des tableaux
30 ou 30 bis dans les 2 ans suivant la mise en place de cette surveillance.
Cette étude a été réalisée entre Janvier et Mai 1999, et porte sur 108 cas
de maladie professionnelle, dont les dossiers étaient disponibles auprès des
Caisses au moment de l'enquête:
Parmi les maladies déclarées, les Caisses ont notifié 71 reconnaissances,
22 refus, et dans 15 cas l'instruction du dossier relevait d'une autre caisse;
la majorité des déclarations étaient des plaques pleurales (n=90).
Parmi les pathologies reconnues, on retrouve une majorité de plaques pleurales
(n=59), 2 cas d'asbestoses associées à des épaississements pleuraux, 3 cancers
bronchopulmonaires primitifs, 3 cancers compliquant des lésions asbestosiques,
et 4 mésothéliomes pleuraux. Les activités exposant à l'amiante dans cette
population concernaient principalement la maintenance des machines vapeur
(postes de chaudronneries vapeur, calorifugeage...), et la durée moyenne d'exposition
à l'amiante est de 16 ans.
Lorsque les informations étaient disponibles (n=46), le médecin initialement consulté pour la réalisation de la Surveillance Post Professionnelle était le plus souvent le médecin traitant (n=37). En revanche, il semble que la déclaration en maladie professionnelle soit plus fréquemment réalisée par le pneumologue (n= 68). Les circonstances de découverte de ces 108 pathologies montre que les 2 asbestoses ainsi que la majorité des plaques pleurales ont été diagnostiquées dans le cadre de la Surveillance Post Professionnelle, ce qui n'est pas le cas de la plupart des pathologies malignes, dont le diagnostic est souvent antérieur.
Au total, la Surveillance Post Professionnelle a surtout permis de dépister des plaques pleurales asymptomatiques. En revanche, en ce qui concerne le dépistage précoce des pathologies malignes, le bénéfice est plus discutable. Néanmoins, elle a facilité l'établissement du lien avec l'origine professionnelle de la maladie.