APPROCHE ERGONOMIQUE D'ANALYSE SEMI-QUANTITATIVE DES TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES EN INDUSTRIE ELECTRONIQUE AU SAHEL DE TUNISIE.

Khalfallah T. (1), Akrout M.(1) , Chaari N.(1), Henchi A. (1), Kraiem R. (2), Zouiter I. (2), Mrizak N. (3)

(1) Service de Médecine de Travail, Faculté de Médecine-Hôpital Universitaire de Monastir,
Rue Avicenne 5019 Monastir (Tunisie).

Notre étude a été réalisée dans une entreprise de montage de pièces électroniques portant sur 85 femmes. 33% de la population d'étude présentent des troubles musculo-squelettiques (TMS) de la nuque et du membre supérieur. La moitié des pathologies diagnostiquées cliniquement affectent le poignet et la main. De ce fait, il serait utile de procéder à une étude ergonomique des postes de travail de façon à quantifier les contraintes biomécaniques, à savoir la répétitivité, les postures et la force. C'est dans cet esprit, que nous avons adopté une stratégie ergonomique progressive d'analyse semi-quantitative des TMS. En effet, la détermination de la zone corporelle la plus à risque a été effectué au moyen d'une check-liste concluant que le poignet et la main droite sont les plus menacés des TMS. L'étape suivante est une analyse par observation des postes de travail inspirée de la méthode < OWAS > .

Au poste de montage, la répétitivité des postures en prises a été qualifiée de très élevée ayant un indice de variabilité gestuelle quantifié de 0,92. La prise en forme de pince digitale et latérale occupe 100 % du temps global de la tâche.

Au poste de soudure, la combinaison des contraintes a mis en évidence une répétitivité qualifiée d'élevée, une extension extrême du poignet supérieur à 45° durant 58% du temps global de la tâche et des prises en forme de pince pendant 100% du temps global du travail.

Au poste de contrôle, la flexion du poignet droit pendant 42% du temps de travail ainsi que la prise en forme de "Grasp" réalisée pendant 44% du temps de travail, sont des contraintes posturales effectuées avec une répétitivité élevée où l'indice de variabilité gestuelle dépasse 0,7. La confrontation entre les contraintes selon les données de l'étude ergonomique et les astreintes selon les données de l'examen clinique fait appel à des mesures préventives. Notre méthode d'analyse a permis l'élaboration et l'évaluation semi-quantitative des contraintes exposant aux TMS liés au travail répétitif sans avoir recours aux moyens sophistiqués tels que l'EMG et la goniométrie. En outre, elle ne se veut pas une recette mais elle représente plutôt un outil de réflexion concret pour les prometteurs de la loi du bien être au travail.

[ Accueil - Thème1 - Thème2 - Symposiums - Le point sur - Forum Débats - Communications Libres - Plan du site ]