Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) comprennent la
maladie de Crohn (MC) et la rectocolite ulcéro-hémorragique (RCH). Ce sont des maladies
chroniques, touchant des sujets jeunes, évoluant par poussées et ayant une morbidité
élevée. Leur étiologie est inconnue mais il existe des arguments pour une origine
mixte, à la fois génétique et environnementale de ces maladies. Du fait de leur
fréquence plus élevée dans les pays d'Europe du Nord et des difficultés cliniques
qu'elles entrainent, elles constituent pour la région Nord Ouest de la France, un
réel problème de Santé Publique.
De ce point de vue, il apparait indispensable de détecter en France et dans le
monde, des variations géographiques d'incidence afin de bâtir des hypothèses
diagnostiques. Seules des études épidémiologiques descriptives bien construites
permettent d'aboutir à des hypothèses diagnostiques et à la mise en route d'études
analytiques (suivi de cohorte, études cas-témoins...). Il n'existait en France
jusqu'en 1988 aucune donnée épidémiologique sur les MICI. C'est pourquoi, nous
avons créé le 01 janvier 1988, le premier système français d'enregistrement des
nouveaux cas de MICI dans la région Nord-Ouest de la France. Cette étude avait
d'abord pour but de connaître les incidences, c'est à dire le nombre de nouveaux cas par
an et pour 100 000 habitants, de la maladie de Crohn et de la rectocolite hémorragique
dans 4 départements : le Nord, le Pas de Calais, la Somme et la Seine Maritime (au total
5,5 millions d'habitants).
Le second but de cette étude était, à partir de cette enquête
épidémiologique descriptive, de batir des études analytiques à partir d'hypothèses
étiopathogéniques de ces maladies. Dans ce but, nous avons entrepris plusieurs études
parallèlement : génétique, géographique, socio-économique...... ( ces deux derniers
projets ayant été soutenus dans le cadre du PHRC 1993 et dont le rapport de synthèse a
été déposé lan dernier).
Nous avons été reconnus Registre par la Commission Nationale des Registres
en 1992, reconnaissance renouvelée en 1996, avec un soutien officiel de l'INSERM et de la
Direction Générale de la Santé (N° 92/R2).